Marguerite de Saint-Marceaux,(1850-1930) dite « Meg », est la fille du deuxième mariage de Frédéric-Joseph Jourdain, drapier de Louviers. «Meg» est devenue veuve en premières noces d'un peintre aquarelliste, Eugène Baugnies, pèrede ses trois fils. Héritière de la fortune du premier, Marguerite a adopté le nom de son second mari,le sculpteur René de Saint-Marceaux, surtout connu pourun Arlequin exposé au Musée de Reims, sa ville natale.Elle a tenu un journal célèbre.

Marguerite raffolait des arts, mais ses deux maris ne furent peut-être que des consolateurs. Sa famille lui avait en effet interdit d'épouser Camille Saint-Saëns. Excellente pianiste, douée d'une voix de contralto, la musique est la grande passion de sa vie. Elle affectionne aussi son salon, dans son hôtel du 100, boulevard Malesherbes. Cette hôtesse incarne le milieu artistique de la Plaine Monceau autour de 1900. Son hôtel reçoit les amis de son mari et de son frère, les peintres Jacques-EmileBlanche, François Flameng, Giovanni Boldini ou Jean Béraud.

Au remariage avec le sculpteur René de Saint-Marceauxen 1892 le salon de Marguerite de Saint-Marceaux entre dans sa période la plus florissante. Ses mercredis attirent alors le tout Paris. Une vingtaine de personnes sont invitées à dîner puis, après le repas, d'autres convives se joignent à elles pour discuter et écouter les récitals. Le salon de Marguerite de Saint-Marceaux meublé à l'ancienne, les sièges groupés avec un art consommé, favorisait l'intimité. Dans un atmosphère d'atelier, les invités venaient en tenue de travail.

Les peintres et sculpteurs comme Antonin Mercié et François Pompon étaient reçus par René de Saint-Marceaux. L'on y trouvait aussi des écrivains comme Dumas fils, Willy et Colette, Melchior de Vogüé, Victorien Sardou ou Gabriele d'Annunzio. Plus que la littérature et la peinture, c'est la musique qui domine lors de ces soirées. Marguerite de Saint-Marceaux, interprète favorite de Fauré, invite alors ses convives à des concerts improvisés. Debussy, Ravel, Fauré, Dukas, André: Messager avant même leur célébrité, y interprétèrent leurs sonates, leurs Jeux d'eau et autres. Isadora Duncan débute, accompagnée au piano par Maurice Ravel. On y retrouve également Ernest Chausson, Francis Poulenc ou Raynaldo Hahn, Jean Baugnies. Outre ce salon parisien, Marguerite reçoit durant la belle saison dans sa résidence de Cuy-Saint-Fiacre (SeineMaritime).

Présents, fidèles parmi les fidèles, Chausson et Gounod, Messager et Paladilhe, Chabrier et Massenet. Reynaldo Hahn, assidu du salon amena Marcel Proust. « Meg », passe aussi, parmi d'autres modèles, pour avoir inspiré dans «La Recherche» le personnage de Madame Verdurin.



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