SOPHIE SOYMONOF — Anne, Sophie Soymonof, comtesse de Swetchine (1782-1857), épouse du général russe Swetchine. D'origine russe, elle fut élevée dans la plus pure tradition orthodoxe et, vers 1815, se convertit au catholicisme puis acquis par son impressionnante correspondance le surnom de «Madame de Sévigné russe». elle parlait huit langues. Son salon de Saint-Petersbourg était fort réputé et recevait l'élite culturelle de son pays.

Fuyant les vexations infligées aux catholiques de Russie, elle émigra en France, Entre 1818 et 1857, elle tint un salon ouvert de 3 heures de l'après-midi à 6 heures puis de 9 heure à minuit. Elle logeait à l'Hôtel de Tavannes, à Paris, au numéro 5, rue de Bellechasse propriété de religieuses, les Dames de Bellechasse.

Les habitués de ce salon étaient l'ultramontain Félicité de Lamennais, son disciple Dominique-Henri Lacordaire; Mgr Hyacinthe-Louis de Quelen, Armand, vicomte de Melun; l'abbé Félix Dupanloup, Claire Kersaint, duchesse de Duras; Charles Forbes, comte de Montalembert; le bénédictin dom Prosper Guéranger, le prince Ivan S. Gagarine, René de Chateaubriand, Joseph de Maistre, Louis, vicomte de Bonald; Sophie Rostopchine, comtesse de Ségur; Abel Villemain, Georges Cuvier, Francisque de Corcelle, Victor Cousin, Prosper Brugière, baron de Barante; Charles François Marie, comte de Rémusat; Donoso Cortoes, et parmi ses intimes, notons Augustin Cochin, Alexis de Tocqueville et Frédéric, comte de Falloux, son biographe.

Madame Soymonov Swetchine a correspondu avec d'innombrables catholiques d'où son surnom de Sévigné russe. Parmi ses correspondants figurait François Guizot. Victor-François de Broglie, Lacordaire, le parti clérical, les Jésuites et spécialement Frédéric-Alfred, comte de Falloux, ont fait à cette dame une réputation de grande chrétienne. Sa maison parisienne était recherchrée par tous les «croyants de qualité.»


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