Salons littéraires, philosophiques et culturels

Un salon dans son acception la plus classique est une réunion de personnalités des arts, des lettres tenue chez une femme distinguée, principalement aux XVIIIe et XIXe siècles. Quelques salons (surtout ceux de Paris) ont attiré l'attention de leur contemporains et de l'histoire par la qualité et la célébrité de leur participants. Mais pour une hôtesse de marque comme la marquise de Rambouillet (1588-1665), il s'en trouvait des dizaines d'autres plus modestes qui ont aussi reçu une pléïade d'invités, lettrés ou savants.

Aux XVIe et XVIIe siècles, les salons prenaient souvent le nom de ruelle. L'origine de ce mot provenait de l'espace entre un côté du lit et le mur. Les personnes de haut rang recevaient leurs invités au lit et l'extension avait pris le nom de ruelle.

Certains hommes comme Charles Nodier, ont tenu salon, mais ce sont les salons féminins qui ont davantage été retenus. Les femmes qui les tenaient étaient très souvent cultivées et belles mais toujours intelligentes et spirituelles. Salons féminins signifie qu'ils étaient tenus par des femmes mais la majorité des participants sauf pour celui de la marquise de Rambouillet et quelques-autres, étaient des hommes.

La plupart des hôtesses de ces salons ont connu une longévité étonnante aussi bien en regard de l'espérance de vie moyenne à leur époque qu'en comparaison avec la nôtre. Plusieurs ont aisément franchi le cap des 80 années. Il est à présumer que l'épanouissement des femmes au niveau de la conversation et de la culture surtout à des époques où le masculinisme reignait en maître a favorisé cette heureuse longévité. Ce fait pourrait servir d'encouragement aux femmes intelligentes et cultivées (et aussi les hommes) de notre ère, à organiser des salons.

Les salons en général, ont exercé une influence marquée sur la langue française ainsi que sur les oeuvres théâtrales et même philosophiques. Plusieurs ouvrages ont été présentés par leurs auteurs aux invités des salons, critiques de premier choix, il va sans dire. L'influence politique et culturelle des salons a été particulièrement marquante en ce qui a trait au choix des portefeuilles de ministres et de sièges à l'Académie aussi bien en monarchie qu'en démocratie. Vers la fin du XIXe siècle, l'influence des salons a été remplacée par celle des cafés.

Dans leur version plus moderne, les salons sont des réunions de personnes triées sur le volet où se discutent des sujets dépassant les menues préoccupations quotidiennes des individus. Dans son article intitulé «Voulez-vous faire salon?» (Le Devoir, 4 décembre 1993), Ariane Émond parle d'interventions de qualité provenant d'horizons divers, combinées à un niveau élevé de discussion, d'analyse, de réflexion, le tout ficelé de manière originale et créative.

À l'instar de la librairie montréalaise d'Henri Tranquille qui a regroupé l'élite de la littérature québécoise pendant une quarantaine d'années, les salons modernes n'ont pas nécessairement comme lieu de prédilection le salon d'une maison privée. Un café, restaurant ou une librairie deviennent illico le repaire de ces «conspirateurs de l'an 2000».









 

 

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