MADAME ROLAND — Jeanne-Marie ou Manon Philippon, Madame Roland (1754-1793). Fille du graveur parisien Gatien Philippon et de Marguerite Bimont. Devenue par mariage vicomtesse, elle prit feu pour les idées nouvelles et devint, de mémoire d'homme, la première femme chef de parti. Historienne et écrivain(e), elle partageait avec son mari, Roland de la Platière (1734-1793), un même amour de la littérature et de la philosophie. Intelligente, ferme et résolue, férue de botanique par surcroit.

Égérie du parti Girondin, son salon dans un appartement de l'hôtel Britannique, rue Guénégaud (près du futur Institut à Paris) attirait, vers 1791, une kyrielle d'hommes politiques d'extrême gauche comme Jacques-Pierre Brissot de Warville, Joseph Bosc, Jérôme Pétion de Villeneuve; Armand Gensonné, René Nicolas Desgenettes, Georges Danton, Étienne Clavières, Gaspard Monge, Thomas Payne, David William, Fabre d'Églantine, Antoine Duranthon, Sébastien Roch Nicolas dit Chamfort, Charles Henri Barbaroux, Maximilien de Robespierre, François Lanathenas, Jean François Ducos, Camille Desmoulins, Pierre Victurnien Vergniaud, Marguerite-Élie Guadet, Henriy Bancal, Jean-Baptiste Louvet de Couvray, Honoré Maximin Isnard, Caritat, marquis de Condorcet et François Nicolas Buzot, son admirateur éperdu.

Elle partagea l'échafaud avec l'élite de son parti. En lui tranchant le col, c'est un peu elle-même que la Révolution guillotina. Prévenu, son époux ne put supporter une telle nouvelle et s'enleva la vie, sur le champ.


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