Madame de Prie – Jeanne Agnès Berthelot de Plémont, marquise de Prie (1698-1727) a tenu un "salon princier" fort joyeux au château de Bélébat, près de Fontainebleau, vers 1719. Le peu de sérieux de ce salon à mauvaise réputation l’aurait fait sombrer dans l’oubli si ce n’est que Voltaire lui a voué une pièce : Fête à Bélébat.

Plusieurs ont célébré la beauté de l’hôtesse de ces réjouissances aux traits fins d’une jeune nymphe, joueuse de clavecin et d’une rare intelligence. Classée aventurière par plusieurs sources, maîtresse de Louis-Henry, duc de Bourbon nommé premier ministre par Louis XV, ses manœuvres ont obtenu le surprenant mariage du jeune roi et de Marie de Leszczynska. Son comportement finit par lui faire goûter à l’exil royal. La marquise de Prie incarnait ce mélange d’arrivisme effréné et de distinction mondaine qui caractérisait la Régence.

Les joyeux fêtards de Bélébat de 1725, étaient outre Voltaire, Charles de Secondat, baron de Montesquieu; Louis Sanguin, marquis de Livry; M. de Billy, M. et Mme de Montchesne, M. de Baye, frère de Mme de Prie, Louis-François-Armand du Plessis, duc de Richelieu; Pierre Carlet de Chamblain Marivaux, Horace Walpole, le curé de Courdimanche, paroisse du château; le président Hénault, François d'Aubuisson, duc de la Feuillade; M. de Bonneval, Marie Anne, Mlle de Clermont; Berthelot de Duchy, intendant des Invalides; l'ambassadeur François Sanguin, abbé de Livry; M. Delaistre et Denis Dodart.

Madame de Prie ne laissait personne indifférent. Le président Hénault trouvait qu’elle a de quoi faire la plus belle maîtresse du monde. Ravissante en tout cas sur le tableau de Louis Michel Van Loo. Celle qu'on appelait « la maîtresse absolue du royame», celle qui avait déjà fait embastiller un ministre, fut finalement disgraciée et renvoyée sur ses terres par le Roi d'où son suicide.


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