ELVIRE POPESCO (1894-1993) - Née en 1894 en Roumanie, Elvira Popescu, comtesse de Foy par son mariage, a conquis les faveurs du public parisien avec sa fougue, son abattage et son accent national. Sacrée reine du boulevard, elles est surnommée «Notre-Dame du théâtre». Ses dons dramatiques auraient pu en faire une excellente tragédienne. Le cinéma lui a également réussi. C'était aussi une très belle femme qui a toujours refusé de vieillir.

Sa superbe propriété de Mézy, dans les Yvelines a accueilli dès les années trente, le Tout Paris des lettres, des arts et de la bonne société.

Durant les années quatre-vingt, malgré son âge avancé elle a continué à tenir salon, avenue Foch, dite «avenue du Bois», à Paris. Les immortels de l'Académie venaient lui présenter leur hommage. Une ribambelle de noms glorieux se pressait à ses dîners : le cher André Roussin, son amant, Louis Verneuil; Tristan Bernard, Alfred Sauvy, Paul Poiret, le financier Guy de Rothschild, Sacha Guitry, Marcel Pagnol, Jacques Chirac, Albert Dubout, l'actrice Colette Darfeuil, Éva Barre, Pierre Cardin, son fils l'acteur Pierre Mondy, Valery Giscard d'Estaing, des comédiens retraités, des jeunes premiers, les bras chargés de boîtes de chocolat; toute la classe politique de droite ou de gauche. Personne n'a, semble-t-il, jamais résisté au charme dévastateur de l'inimitable roumaine.

Interprète préférée de Verneuil, pour qui elle a joué, entre autres, Ma cousine de Varsovie, elle a aussi triomphé dans Tovaritch (J. Deval, 1933), la Machine infernale(1954), mais aussi dans des pièces de Henry Bernstein et d'André Roussin : Nina (1949) ou la Mamma (1957). Directrice du Théâtre de Paris (1956-1965), puis du Théâtre de Marigny, elle eut, au cinéma, une carrière moins remarquée : la Présidente (de Fernand Rivers, 1938), Tricoche et Cacolet (de P. Colombier, 1938), Ils étaient neuf célibataires (de Sacha Guitry, 1939), Paradis perdu (1938) et Austerlitz (1959) d'Abel Gance, Plein soleil (de René Clément, 1959).


 

 

Plus récente révision de ce document :