NINON DE L'ENCLOS — Anne dite Ninon de Lenclos (1616-1705), femme de lettres familière avec l'italien comme l'espagnol et versée en sciences. Fille d'Henri de Lenclos et enfant prodige au luth qui citait Montaigne et les grands classiques, sa mère Marie Barbe de la Marche la promenait de salon en salon où elle faisait sensation. Plus tard, elle apprit le clavecin.

La belle Ninon qui, sa vie durant, a collectionné une ribambelle d'amants et que Walpole, plus tard, avait surnommé «Notre Dame des Amours», a tenu salon à compter de 1667, en l'hôtel Sagonne, au 36, rue des Tournelles, à Paris. Ses célèbres cinq à neuf avaient lieu à chaque jour.

Parmi ses invités: Bernard le Bouyer de de Fontenelle, le savant Christian Huygens, La Rochefoucault, Charles de Saint-Évremond, Paul Scarron, Jean-Baptiste Lully, Jean de La Fontaine, François d'Ambas, comte d'Aubijoux; Antoine Tambonneau, président de la Cour des comptes; François-Jacques d'Amboise, Louis de Lesclache, Philippe d'Orléans, futur régent de France; d'Elbène, Suzanne de Lezay, pupille de René de Vivonne; Mme de la Sablière, César-Phoebus, comte de Miossens (un autre amant); Madame de Galins, Jean Ogier de Gombauld, Antoine Godeau, Antoine Gombaud, chevalier de Méré; Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, le fameux mémorialiste; Roger de Rabutin, comte de Bussy; Charles Emmanuel Luillier de Chapelle, Angélique Paulet, Charlotte-Élizabeth de Bavière, princesse Palatine; Jules de Clérambault, Damien Mitton, Henriette de Coligny, comtesse de la Suze; l'abbé François de Châteauneuf, Félix-Juvenel de Carlincas, François le Metel de Boisrobert, Charles Perrault, l'abbé Treil dit Treil de Pardailhan, chanoine de Saint-Pons; Louis Mornay, marquis de Villarceaux, Jean-Hérault de Gourville, Charles de Sévigné, le fils de la grande épistolière; le peintre Nicolas Mignard dont elle fut un modèle; Charleval, fils de Mme de Longueville; Jean Racine et sa maîtresse, Marie Desmares, dite la Champmeslé, tragédienne réputée; François III Dusson, seigneur de Bonrepaus et commissaire de la Marine; Nicolas Boileau, dit Boileau Despréaux; Condé, l'amie de Ninon, Françoise d'Aubigné, future Mme de Maintenon; Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière qui lui demandera des conseils pour sa pièce le Tartuffe à l'instar de plusieurs autres auteurs qui bénéficièrent de son jugement; Elizabeth Robinson Montagu et Marie de Lon dite Marion Delorme

À son premier voyage à Paris, la reine Christine de Suède, accorda une seule rencontre en privé hors cours à nulle autre que Ninon de Lenclos dont elle avait la plus haute opinion. Grand amateur de sagesse, Louis XIV se préoccupait souvent, par personne interposée, de l'opinion de Ninon.

Le jour de ses 70 ans, l'incorrigible courtisane Ninon se paya le luxe de coucher avec l'abbé Nicolas Gédoyn. Quelques mois avant son décès, elle se fit présenter le jeune Arouet (Voltaire) déjà célèbre. Dans son testament elle lui légua 1000 francs pour qu'il puisse s'acheter des livres.


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