Georgette Leblanc (1875-1941) et Margaret Anderson(1886-1973). Ce couple d'amoureuses saphiques a reçu au Phare de Tancarville, en Normandie, un nombre incalculable d'artistes et de gens de lettres après le début de leur fougueuse liaison qui datait de 1923.

Georgette Leblanc, tragédienne et chanteuse d'opéra, fille d'armateur et sœur de l'auteur Maurice Leblanc appartenait à un milieu bourgeois. En rupture de ban, elle avait vécu en concubinage, dans un glorieux scandale, avec l’auteur Maurice Maeterlinck malgré l'échec de son divorce espagnol. Sa liaison saphique avec Margaret Anderson, une célibataire de forte personnalité a continué à faire frémir les tenants du conventionnalisme. Toute deux étaient membres de l'ordre du Collier (Rope), un groupe de lesbiennes conseillées par le gourou Georges Gurdjeff.

Pour sa part, Margaret Anderson était une Américaine d'Indianapolis, auteur et éditeur. Sa Little Review (1914-1929) était une des publications les plus connues aux États-Unis, accueillant dans ses colonnes entre autres des textes d'Ernest Hemingway, de William Butler Yeats, d’Ezra Pound, d’André Breton et de James Joyce ce qui lui valut (dans de cas d'Ulysse) une condamnation de 100 $ d'amende pour obscénité de la part de la société des Postes de son pays. Son émigration vers la France eut lieu en 1923.

C'est une liste internationale d'invités qui se pressaient au Phare (Tancarville, Haute Normandie), Jane Heap, Louise Davidson, Bel-Gazou, fille de Colette; Jean Cocteau, l'éditeur Bernard Grasset, Dorothy Caruso, veuve du ténor; Ernest Hemingway, Oscar Wilde, James Joyce, Gertrude Stein, Peggy Guggenheim, Luigi Pirandello, Tristan Tzara, et Claude Labarre.

Georgette Leblanc a été emportée par un cancer au cours de 1941.



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