Charles-Émile Gadbois (1906-1981), prêtre engagé au Séminaire de Saint-Hyacinthe à titre de professeur de chant. De plus, responsable de la fanfare et de l'orchestre, il promeut l'antique chanson du terroir qui perpétue l'esprit français de joie et de gaieté.

Dès 1937, l'abbé Gadbois publie à l'intention des élèves du collège, un feuillet hebdomadaire (1 cent la copie) intitulé La Bonne Chanson. Les autres institutions scolaires locales puis diocésaines réclament des copies. Le bulletin de chansonnettes fait boule de neige pour à la fin devenir une véritable institution nationale québécoise.

La Bonne Chanson a donc été créée au Séminaire de Saint-Hyacinthe par l'abbé Charles-Émile Gadbois en 1937, influencé par l'exemple de Théodore Botrel en France. Mise sur pied peu après le Congrès de la langue française à Québec, l'entreprise est vouée à la promotion la chanson française comme véhicule de culture nationale. L'œuvre de l'abbé Gadbois fut la publication de dix albums de 500 chansons françaises accessible au groupes vocaux, dans les écoles ou en famille.

C'est La Bonne Chanson qui a aussi offert aux plus jeunes la série " Madeleine et Pierre " à la radio et des adaptations aux différents programmes de solfège et de chant pour les écoles : " La Bonne Chanson à l'école ", un recueil de 50 chants religieux et profanes pour le temps de Noël, " Chants pour le temps des Fêtes " et enfin, un recueil des " Cent plus belles chansons ".Un recueil de " Vingt chœurs à voix égales " a connu un grand succès, tout comme les cahiers d'accompagnements de plusieurs chansons.

L'abbé Gadbois et RCA Victor lancent en 1939, sur étiquette Bluebird les premiers d'une cinquantaine de disques consacrés à La Bonne Chanson dont les pièces sont interprétées notamment par François Brunet, Paul-Émile Corbeil, Marthe Létourneau, le Quatuor Alouette, David Rochette et Albert Viau. À la Société Radio-Canada et à CKAC, l'émission de radio " Le quart d'heure de la Bonne Chanson " (1939-1952) contribue à la popularité de ce patrimoine remis à l'honneur.

Vers 1950, des estimés établissent que La Bonne Chanson a publié ou distribué dans tous les milieux francophones quelque trente millions de chansons sous diverses formes. En ce qui a trait à Charles-Émile Gadbois, la saga prend fin en 1955 lorsque l’abbé qui rencontrait des difficultés pécuniaires cède l’entreprise aux Frères de l’instruction chrétienne de Laprairie qui poursuivent son œuvre sous le vocable Les Entreprises Culturelles.

Association fondée en 1942 et qui compte 12 000 adhérents en 1945, Les Amis de La Bonne Chanson contribue à la diffusion des chansons publiées. La Bonne Chanson a publié " Cantiques choisis " en 1950, recueil de 400 chants religieux et le périodique " Musique et Musiciens " paru en 16 numéros de 1952 à 1954.

Le clergé d'alors a largement contribué à répandre La Bonne Chanson et il s'agit d'une entreprise unique pour une maison d'éditions de partitions musicales de connaître un essor aussi fulgurant. Plus tard, l'éditeur scolaire Globulo et finalement Louise Courteau, éditrice, propriétaire depuis 1991, ont repris la publication des titres.

Charles-Émile Gadbois est décédé en 1981. Sans doute exempte de la délicieuse naïveté de l’époque, la tradition de la chanson québécoise s’est développée vigoureuse et prolifique. Mais il ne faudrait jamais oublier cet abbé Gadbois précurseur, répandant l’amour et la perpétuation de chansonnettes et ritounelles qui ont comblé de joie plusieurs générations.




Exemple de feuillet de La Bonne Chanson

Fondation abbé Charles-Émile Gadbois

Écoutez La Bonne Chanson

 





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