MADAME DUPIN (1706-1799) - Louise-Marie Dupin de Chenonceau, née Fontaine. Fille de Simon Emmanuel Bernard, l'un des hommes les plus riches deson temps et épouse du fermier général du même nom.

Louise-Marie, femme d'une grande noblesse de coeur, à l'esprit plein de finesse, féministe avec la lettre et d'une grande beauté, ouvrit largement ses salons de l'hôtel Lambert devenu propriété de son mari (qui l'avait racheté du marquis du Châtelet), aux écrivains, philosophes, économistes, rêveurs et pairs de France. Son salon, conquit la vogue de Paris. Ce fut donc, après celui d'Émilie du Châtelet, le deuxième salonà être tenu à l'intérieur de ces murs richement décorés. À l'hôtel Lambert de Paris, succédera le château de Chenonceau (acquis par son époux) où elle tiendra une cour brillante. Ce gotha comprenait des ducs, ambassadeurs et membres de l'Ordre du Saint-Esprit, l'académicien Jean-Jacques Dortous de Mairan, Pierre-Joseph Thoulier abbé d'Olivet, Charles de Secondat, baron de la Brède et de Montesquieu, Louis, duc de Chartres, puis duc d'Orléans, fils du Régent; Voltaire, Grâce-Angélique-Thérese-Arazola d'Ognate, dite Mlle du Bouchet; Bernard le Bovier de Fontenelle; Louis la Vergne, comte de Tressan; Pierre Louis Moreau de Maupertuis, Étienne Bonnot de Condillac, l'abbé Antoine Prévost d'Exiles, le grand prieur de Solar, Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux, Émilie, marquise du Châtelet; Charles Irénée Castel, abbé de Saint-Pierre, âme avérée et principal agent recruteur de ce salon; Mme de Tencin, Charles Pinot Duclos, Louis Jean Marie de Bourbon, duc de Penthièvre; François Joachim de Pierre, abbé de Bernis; la comtesse d'Aiguillon, l'abbé Fusée de Voisenon, vicaire de Boulogne; Georges Louis Leclerc, comte de Buffon; Marie-Sophie de Courcillon, princesse de Rohan-Rohan, Mary Wortley Montagu, lady Sandwich; Marie Carbonel, comtesse de Forcalquier; Anne, duchesse de Mirepoix; Mme de Brignolé, l'abbé Pierre Olivet, Mary Lepell, Lady Hervey, George Berkely et Henry Saint John, vicomte de Bolingbroke.

Madame Dupin engagea, vers 1746, nulautre que Jean-Jacques Rousseau comme «notiste» et vague secrétaire. Legrand philosophe et homme de lettres travailla avec elle à la rédaction d'unlivre sur les femmes. Séduit par le charme de son hôtesse, il lui déclara son sentiment dans une lettre. Le billet doux fut reçu avec froideur.


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