MARGUERITE Hessein de la Sablière (1636-1693) tint salon à la Folie-Rambouillet (rien à voir avec la famille de l'autre salonnière), à l'emplacement des numéros 160 à 176, rue de Charenton (plus tard, rue Neuve des Petits Champs) qui était la plus remarquable des maisons de plaisirs édifiées dans la région parisienne. Selon Bayle: «C'est une dame qui connait la fin des choses et qui est réputée pour un esprit extraordinaire». Son mari Antoine de la Sablière, homme de lettres, était surnommé par Conrart: «Le grand madrigalier français». Jean de La Fontaine qui fut son protégé pendant une vingtaine d'années, lui a rendu ce témoignage: «Son esprit a beauté d'homme avec grâce de femme». Femme blonde aux yeux bleus, des plus renseignée, son savoir s'échelonnait du grec à l'astronomie. En outre, elle touchait le clavecin et défendait les idées de Copernic.

Le salon de Mme de la Sablière était fréquenté par François Bernier, auteur du Mémoire sur l'Empire du Grand Mongol, principale attraction de ces rencontres; Mme de La Fayette, Jacques Rohault, Pierre Gassendi, Ninon de Lenclos; Marie-Angélique du Gui Coulanges, Mme de Sévigné, Pierre Hassein, Antoine Mengot, Guillaume Chaulieu, Nicolas Boileau-Despreaux dont elle critiqua à raison, les faiblesses scientifiques, Jean Racine, Bernard le Bouyier de Fontenelle, Claude-Emmanuel Lhuillier, dit Chapelle; Paul Barillon d'Amoncourt, marquis de Branges, ambassadeur de France en Angleterre; l'ambassadeur François de Bonrepaus, Guillaume abbé de Chaulieu; Gédéon Tallemant des Réaux, Antonin Nompar de Caumont, duc de Lauzun, Gaston de Foix, duc de Nemours; le comte Henri de Brancas, le marquis de La Fare, d'Amancourt; l'abbé de La Chambre, Paul Pellisson, Jean-Baptiste Poquelin dit Molière, Isaac de Benserade, Guy-Armand de Gramont, comte de Guiche; Pierre-Daniel Huet, Valentin Conrart, Charles Perrault   (celui des contes), Duvernay, les mathématiciens Joseph Sauveur, et Gilles Personne de Roberval; Delancé, le dr François Bernier, philosophe, orientaliste, grand voyageur et surtout Jean de La Fontaine qui avait gîte et couvert chez-elle.

Le fabuliste pouvait y rêver à sa guise, résultat, une brochette d'oeuvres comme: «Les Animaux malades de la peste; La Laitière et le pot au lait; Le Chat, la Belette et le petit Lapin» et plusieurs autres. Quand Jean de La Fontaine fut reçu à l'Académie française, il y lut son «Discours en vers à Madame de La Sablière».


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