Marie-Louise Bousquet, directrice de l'édition française de Harper's Bazaar, femme que plusieurs trouvaient remarquable avec son intelligence vive et sa perspicacité psychologique, recevait chaque jeudi à compter de 1914, le Tout Paris dans son salon, soit Place du Palais Bourbon ou dans un petit hôtel, rue Boissière (XVIe), lieux où se décidaient souvent les nominations d'ambassadeurs ou de ministres. Elle avait épousé Jacques Bousquet.

Tous les palliers du pouvoir, de la culture et de la littérature étaient représentés dans ce gotha où l'on pouvait rencontrer : Henri de Régnier, Coco Chanel avant leur brouille; Robert de Flers, Jean Giraudoux, le photographe Henri Cartier-Bresson, Ray Milland, Truman Capote, Maurice Donnay, amoureux de Marie-Louise; Paul Valéry, Julien Benda, l'abbé Arthur Mugnier, Marthe Bibesco, André Chaumeix, Humphrey Bogart, Evelyn Wangh, Jérôme Tharaud et son frère JeanTharaud, Violet Trefusis; son épouse et Jean -Louis Vaudoyer, René Boylesve, Savoir, Clemens Heller, Ernst Jünger, Georges Poupet, Mme Olivier de Prévost, Nancy Mitford, André Germain, dit Loïs Cendré; Christian Bérard, Ambroise Vollard, Germaine Beaumont, Édouard VIII du Royaume Uni, devenu duc de Windsor; Jean Cocteau, Philippe Soupault, Thornton Wilder, Hubert de Givenchy, Pierre Benoit, Monica Sterling, Paul Morand, Léon Bérard, Louis Barthou, Philippe Herzog, membre du Parlement européen; Henry le Tonnelier, marquis de Breteuil; Tristan Bernard, Raymond Radiguet, François Mauriac, Cristobal Balenciaga, Neb Roem, André Maurois, André Grasset, John Steinbeck, Marie-Laure de Noailles, André Gide, Max Jacob, Léon-Paul Fargue, Colette, Abel Hermant, Edmond Jaloux, Sacha Guitry, Serge Lifar, Léonie Bathiat, dite Arletty; Julien Green, Jacques Boulenger, le peintre Jacques-Émile Blanche, Jacques de Lacretelle, Charles Henry Ford, la star américaine Gloria Swanson, René Crevel et l'amant de l'hôtesse, Philippe Berthelot.

Au sujet du salon en question, Philippe Soupault affirmait : « C'était encore l'époque où le sort d'une pièce ou d'un livre se décidait en partie dans quelques salons de Paris dont le sien. » Marie-Louise Bousquet se prenait parfois à dire : « Mon salon, c'est un corridor » et vers la fin de sa vie : « Je n'arrive pas à mourir ».



Plus récente révision de ce document :