Éléonore Adèle d'Osmond, comtesse de Boigne (1781-1866), est célèbre grâce à ses précieux Mémoires incontournables pour la connaissance historique de la Restauration et de la monarchie de Juillet. Durant son enfance, à Trianon, la reine Marie-Antoinette la caressait parfois. Amie d'enfance de la reine Marie-Amélie, elle fut monarchiste mais très libérale. Son salon parisien de l'Hôtel de Lannion, rue de Bourbon (maintenant 79, rue de Lille), celui de la rue d'Anjou (1830) et ses dîners du dimanche soir à Châtenay, ont attiré les grands acteurs de la vie politique et diplomatique de son temps.

Un trio indéfectible dominait les invités de ce salon ouvert au début de l'hiver de 1819, soit Charles-André Pozzo di Borgo, comte puis duc; Claire Kersaint, duchesse de Duras; Auguste Viesse, maréchal de Marmont, duc de Raguse, compagnon d'armes de Napoléon; l'amie de Mme Boigne, Adélaïde de Flahaut; et enfin Étienne-Denis Pasquier, baron puis duc, chancelier de France. Ajoutons Louis-Philippe, duc d'Orléans et roi des Français; Marie-Amélie, princesse de Bourbon-Sicile, duchesse d'Orléans et reine des Français; Isabelle Madeleine de Chastenay Lanty, née La Guiche; Adolphe Thiers, Xavier Marmier, Louis René, cardinal de Rohan; Charles Augustin Sainte-Beuve, Eugène Sue, Luigi Rossi, Henri Beyle dit Stendhal dont Éléonore passait pour la muse; Charles, comte de Rémusat; Élisabeth Frances, dite Fanny, Dillon et son mari Henri, général Bertrand; Victor Balabine, Henriette-Lucy Dillon, marquise de La Tour du Pin; Louis, marquis de Sainte-Aulaire; Juliette Récamier et l'auteur Prosper Mérimée. Outre Honoré de Balsac, figurait aussi un duo, celui des inséparables frères Edmond et Jules de Goncourt.

Épouse de Benoit de Boigne qui s'était couvert de gloire aux Indes, la comtesse de Boigne aura vu, durant son existence, se défiler onze règnes et régimes différents.


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