Sophie Arnould

SOPHIE MADELEINE ARNOULD (1744-1802) — Cantatrice célèbre (plus grand soprano de son temps), femme d'esprit et de lettres (autobiographie et correspondance) et de moeurs faciles, Sophie Arnould parlait couramment de latin et l'italien. Les frères Goncourt qui se sont intéressés à elle, l'ont surnommée «soeur cadette de Ninon».

Dans son salon siégeaient son protecteur officiel Louis Léon Félicité, comte de Lauragais, duc de Brancas; Voltaire, Jean Chaptal, comte de Chanteloup; Denis Diderot, Lucien Bonaparte, Jean-François de La Harpe, Charles-Alexandre-Marc-Marcellin de Boussu de Chimay, prince d'Hénin; Pierre-Auguste Caron de Beaumarchais, Benjamin Franklin, Christoph Willibald, chevalier Von Gluck; Charles Pinot Duclos, Antoine Bertin, Louis Petit de Bachaumont, le publiciste Simon-Nicolas-Henri Linguet, Helvétius, Jean-Jacques Rousseau, l'architecte François-Joseph Bélanger, Paul, vicomte de Barras; Claude-Carloman de Rulhière, le dramaturge Joseph Alexandre Pierre,vicomte de Ségur; le poète Claude-Joseph Dorat, Jean le Rond dit d'Alembert et autres philosophes, scientifiques ou lettrés. On compara son salon à l'École d'Aspasie.

Elle recevait deux fois par semaine, le jeudi étant réservé aux femmes, une innovation. Adulée par les hommes, elle l'était aussi par les femmes. Son sophisme était apparent. Les chanteuses, danseuses, actrices du XVIIIe siècle jouaient un rôle social appréciable comme les futures cocottes de la Belle Époque : entretenues par des personnages considérables, elles représentaient des signes extérieurs de puissance érotique et financière. Sophie fut tout cela mais avec un cran plus élevé. Après avoir traversé la Révolution française et la Terreur, elle finit ses jours en 1802 dans l'oubli et la misère.


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