LA DUCHESSE D'AIGUILLON - Marie-Madeleine de Vignerod, Madame de Combalet, duchesse d'Aiguillon (1604-1675) était la nièce du cardinal Richelieu. Fille de René de Vignerod, seigneur de Pontcourlay, femme de culture et de lettres, parlant quatre langues, elle fut la première à défendre le Cid de Corneille. Gustave III la considérait comme le vivant journal de l'Académie. Marie de Médicis et d'Anne d'Autriche la comptaient parmi leurs amies.

Madame d'Aiguillon logeait à Paris, chez son oncle, le cardinal, au Petit Luxembourg, au 17, rue de Vaugirard. À son salon se pressaient tous les solliciteurs qui espéraient rencontrer Richelieu en personne. La nièce du grand homme manifestait une simplicité qui l'exemptait d'être classée parmi les précieuses

Parmi les invités, Jean-Jacques Olier, avec le concours duquel elle finança la colonisation de la Nouvelle-France, Saint-Vincent-de-Paul dont elle était une précieuse auxiliaire; Paul Scarron, Magdeleine de Souvré, marquise de Sablé; Marie Marthe d'Alléon, Dame Dupré de Saint-Maure, épouse de l'intendant de Bordeaux; Charles de Secondat, baron de Montesquieu; Adélaïde Labille, peintre; Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de La Fayette, Anne Doni, demoiselle d'Attichy, comtesse de Maure; Pierre Corneille, Anne de Neufbourg, baronne de Vigean; Blaise Pascal, Marie de Gonzague.

N'oublions pas ses protégés les hommes de lettres Jean Ogier de Gombauld, Vincent Voiture, Guillaume Colletet, Georges de Scudéry (le frère de Madeleine) et Julie-Lucine d'Angenne Montausier ainsi que Marie de Gournay, fille spirituelle de Montaigne.

De son salon français, la duchesse d'Aiguillon veillait sur la colonie d'Amérique et lui fournissait d'importants subsides qui alimentèrent l'établissement de l'Hôtel-Dieu, du couvent des Ursulines à Québec ainsi que de l'Hôtel-Dieu et du couvent de la Congrégation Notre-Dame à Montréal. En outre, la bienfaitrice a réglé les frais du voyage à Québec des trois premières infirmières de l'ordre des Augustines Hospitalières de la Miséricorde de Jésus qui ont assumé la responsabilité de l'hôpital en 1639.

 





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